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Dix ans de monarchie exécutive et citoyenne : élections, partis politiques et défiance démocratique (2010)

Marruecos, Política, Partidos políticos, Libertades públicas

L’année 2009 a été l’occasion pour la presse d’établir un bilan des dix années de règne de Mohamed VI. Ce faisant, la tenue d’élections communales, la situation de la presse « indépendante » ou encore « l’affaire Haidar » au Sahara occidental se prêtent à une confrontation entre les différents récits des dix années écoulées. Les discours des dix dernières années peuvent être regroupés autour de trois grandes tendances : l’hagiographique, portée par les thuriféraires du régime qui célèbrent le Maroc de la réforme et des grandes réalisations économiques, sociales et politiques ; l’optimiste limitée, des monarchistes adeptes d’une modernisation technocratique pondérée par un champ partisan qui, souvent et pour des motifs divergents, ne leur inspire guère confiance ; et, enfin, le pessimisme critique, de ceux qui ne perçoivent pas de rupture sur la voie de la démocratisation par rapport aux changements initiés à la fin du règne précédent . Après le précédent de la désertion des électeurs lors des élections législatives de septembre 2007 les élections communales prévues le 12 juin sont-elles un non-événement pour les Marocains ? La lecture de la presse, montre un microcosme politique qui a commencé la campagne électorale dès le début de l’année. Le nouveau code électoral, adopté en décembre 2008, introduit une série de nouveautés qui méritent qu’on s’y attarde. L’irruption dans le champ partisan de l’ami du roi, Fouad Ali El Himma soulève bien des interrogations sur la capacité de mobilisation de son mouvement, le Parti authenticité et modernité (PAM), dont le congrès constitutif est prévu au premier trimestre. Si le scrutin communal s’annonce comme un véritable test pour cette formation, dans quelle mesure et selon quelles modalités, atteindra-elle l’objectif proclamé du renouvellement et de la rationalisation du champ partisan ? Quid de son recrutement, de son programme et de sa stratégie d’alliances ? Son principal concurrent, le Parti de la justice et du développement (PJD) se prépare à affronter les élections communales sans être soumis à des limitations comme ce fut le cas en 2003. Si rien ne vient biaiser la tenue du scrutin, la carte électorale devrait refléter enfin l’état réel des forces du parti islamiste. La transparence des élections est un gage des progrès réalisés par le régime vis-à-vis des observateurs extérieurs qui se déplaceront au Maroc. Dans cette optique, les réformes de la charte communale ou du code électoral s’inscrivent dans le sens d’un approfondissement démocratique et de mise aux normes internationales de l’État marocain en termes de gouvernance. Ce faisant, elles sont accompagnées de dispositifs institutionnels de surveillance, dont la nature peut être publique ou privée, voire mixte. Présentés comme des éléments décisifs de « bonne gouvernance », leur intervention lors des élections est une occasion pour analyser leur rôle. Enfin, la répression contre la presse et contre les indépendantistes saharaouis de l’intérieur va poser la question de la difficile gestion de la « démocratie d’expression et d’opinion » quand elle passe du rôle de « contre-démocratie », c’est-à-dire de surveillance des élus à celui de négationniste de la « démocratie marocaine » en tant que régime.

 

 


Autores

Desrues T. y Kirhlani S.

Tipo

articulos post-print

Referencia

L’Année du Maghreb

 

 

Editor

CNRS Éditions